Enorme coup de cœur pour cette vallée, je ne sais pas trop si c’est l’état d’esprit dans lequel on était, le temps qu’il a fait, les activités qu’on a faites, les gens qu’on a rencontrés ou la nourriture qu’on a pu goûter… j’ai été complètement envoutée.

LE STOP DEPUIS VALPO JUSQUA LA SERENA:

Nous partons jeudi vers 13h30 après s’être enfilé un completo au centre-ville de Vina, encore la gueule de bois, mais très contents d’enfin repartir baskets aux pieds et sac à dos sur les épaules. Cette fois nous partons en « dedo », autrement dit on va faire du stop pour monter jusqu’à au moins Coquimbo/La Serena. Nous nous sentons très légers, complètement libres, sans aucun soucis de temps ni d’espace. Si nous n’arrivons pas à La Serena le soir même, ce n’est pas grave, on arrivera plus tard. De toute façon nous avons le temps, et nous comptons bien le prendre.

Donc nous prenons un micro pour sortir du centre-ville et trouver un spot mieux placé pour faire du stop, jusqu’à Concon où une famille de Santiago qui part à la mer pour le week-end nous prend (1). Après un papi (2), ce sont des jeunes de Vina et Santiago (3) qui vont vers Santiago qui nous avancent jusqu’à la Ruta 5, la fameuse Panamericana ! De là une équipe d’Entel (4) super sympa nous déposera à La Serena, soit quasiment 400km passés en leur compagnie ! Il est 18h30, nous sommes au terminal de bus de La Serena… et nous craquons. La facilité l’emporte, nous achetons deux billets pour Vicuna. (Après réflexion peut-être était-ce mieux, car cela nous a évité de faire du stop de nuit sur une route inconnue).

VICUNA ET ALENTOURS:

Nous trouvons un hostal à Vicuna, et après avoir fait les courses, mangé un bout, discuté du planning du lendemain et regardé en dilettante la Belle et la bête et un autre film, nous nous couchons épuisés.

Levés vers 8h30, nous prenons le temps de déguster le petit déjeuner, et nous rendons à l’’Office de tourisme, qui nous indique les tour-opérateurs à aller voir pour l’observation du ciel. Cette région est particulièrement propice à l’observation car il y a très peu de pollution lumineuse. Au Chili, ils se targuent d’avoir la première loi au monde à interdire la pollution lumineuse (même si cette dite loi ne fonctionne pas).

Après avoir visité un petit musée, et fait le tour d’une feria artesanal, nous allons déjeuner (en stop avec deux voitures qui nous emmènent (5) ; (6)) dans un restaurant « Donde Martita » à 4km de Vicuna. Ce restaurant est particulier car tout est cuisiné grâce au soleil, autrement dit grâce à l’énergie solaire. Dans la cour on peut voir les « fours » solaires, faits d’aluminium, dans lesquels des pains terminent leur cuisson. L’idée originale nous a plu d’emblée à la fois sur le papier de nos guides, mais aussi dans nos assiettes ! IMPECCABLE !Pain cuit au soleil, Pebre et beurre

L’après-midi (15h), chargés de nos sacs à dos, nous montons sur quelques collines alentours, sans suivre vraiment de chemin, et nous terminons sur le Cerro la Virgen, petit lieu de culte de la Vierge Marie : on a vue sur toute la vallée, vignes, villages, et collines à perte de vue. DEUXPECCABLE !

Durant la balade sur les collines

 

UN VILLAGE AU CHARME ENVOUTANT, PISCO ELQUI:

Dans la foulée vers les 18h, nous marchons jusqu’à la sortie de Vicuna vers le fond de la vallée, car nous avons décidés de dormir à Pisco Elqui cette nuit. Un jeune couple en week-end nous amène jusqu’au petit centre charmant du village. Le soleil vient à peine de se coucher, le ciel est tout rose, et encore un fois c’est magnifique. Il est plus de 19h nous n’avons toujours pas ou dormir, mais on ne se laisse pas démonter, et encore sereins nous partons à la recherche de notre logement. Nous arrivons dans un hostal gigantesque, au potentiel colossal (si seulement les propriétaires du lieu l’animaient un peu). La porte d’entrée est ouverte, et nous entrons dans un long couloir décoré çà et là de vieux objets, anciens tableaux, plantes vertes aux feuilles qui tombent par terre. L’endroit semble un peu miteux et poussiéreux, mais à mes yeux il est parfait ! Notre chambre comporte 5 lits, sous les combles, avec une fenêtre donnant sur la vallée, une tapisserie d’un autre siècle jaunie par le temps, et un énorme tableau de Pablo Neruda au fusain. MEMORABLE! Les gnocchis (achetés la veille, oubliés dans notre premier hostal, récupérés ensuite, qui ont grimpé le cerro la Virgen, et fait du stop avec nous) avec une sauce au fromage fondu le seront aussi. TROISPECCABLES !

Le lendemain, nous sommes les premiers levés de l’hostal, et nous cherchons de quoi petit déjeuner nous les ruelles de Pisco. Un café NewAge, décoré par une artiste Argentine, face aux vignes, nous attend quelques ruelles plus loin… On dit souvent que le jour appartient à ceux qui se lèvent tôt. J’avoue que ce matin a été l’un des plus beaux que j’aie vus. La tranquillité de ce village, la musique paisible, et tout le décor de ce café d’artiste, plus le soleil levant. Je mets un 10/10. Même plus ! QUATREPECCABLES !

Petit déjeuner au lever du soleil

Nous allons finalement louer des vélos pour la journée, pour découvrir un peu plus la vallée. Nous passons par Horcon, où il y a une feria artesanal qui vaut le détour, et des « empanadas vegetarianas » au queso de cabra (fromage de chèvre) divines. Mon premier maté m’est offert gentiment par une argentine qui vend des bijoux en cuivre et des huiles. Ce n’est pas exceptionnel, un peu amer, et beaucoup trop chaud à mon gout pour bien le savourer. On remonte sur nos vélos pour parcourir les quelques kilomètres qui nous séparent de Alcohuaz, et enfin la descente salvatrice ! (mine de rien +400 m de dénivelé sur des faux plats, c’est fatiguant). Nous nous arrêtons en descendant dans la Pisqueria « Los Nichos ».
*Pour la petite histoire, le Pisco est un alcool fabriqué par les Péruviens et Chiliens, qui le revendiquent chacun comme leur invention (bahhhh ouiiii heiiinnnn). C’est un alcool fabriqué à partir de raisin, comme le cognac ou le brandy, à la différence que le Pisco ne vieillit pas en fûts, quoique certains piscos vieillissent aussi en fûts.*
Donc nous visitons la pisqueria, où l’on sent encore les fruits qui fermentent, et terminons par une dégustation miniature des différents piscos qu’ils vendent. Le petit sac à dos que nous avons pris pour la journée a du mal à s’accrocher aux épaules d’Alexis quand nous repartons de los Nichos… Remplis à craquer de bouteilles !!! Heureusement c’est quasiment que de la descente jusqu’à Pisco Elqui, et il nous reste que 4 km à faire. CINQPECCABLES !!

Vue depuis Alcohuaz sur la vallée

RETOUR A VICUNA, LES ETOILES DANS LES YEUX:

On rend les vélos, et on se dirige lentement vers Montegrande (en stop (6)) faire un tour express vers sa petite place. J’avais lu qu’il y avait un dessert typique le « mote con huesillos », et malheureusement il n’y en avait plus lorsque nous sommes arrivés, mais à la place nous avons eu seulement des huesillos. C’est en fait un dessert composé d’abricots au sirop, et du blé cuit mélangé avec. Nous avons donc mangé seulement les abricots au sirop, très doux et sucrés, délicieux. Retour à Vicuna après cet instant *dessert*, encore une fois en stop (7) avec un groupe de jeunes chiliens adorables, qui nous ont déposés juste à côté de notre premier hostal. Le Chaski (petit restau sympa) qui nous faisait de l’œil la première fois dans Vicuna n’a pas fait un pli : on a cassé notre tirelire pour pouvoir se l’offrir, mais le résultat était plus que satisfaisant. SIXPECCABLES ! Suite à cela nous sommes enfin allés à l’observatoire Mamalluca, à 20 de Vicuna. Chanceux que nous sommes, les nuages se sont écartés juste à notre créneaux, et nous avons pu profiter du ciel comme il se doit. Ici il y a la « Cruz del Sur » pour indiquer le sud, et des constellations qu’on ne voit pas au nord. Très belle soirée, quoique très froide. On revient à 3h du matin, dans notre petit hangar (la moitié du garage à voiture en fait) où les propriétaires de l’hostal ont installé une chambre minuscule, avec deux petits lits, et une télé où on capte 2 chaines sur 100. On est contents quand même, on s’en fout un peu je crois.

RETOUR A LA REALITE:

Le lendemain, on reprend nos clics et nos clacs, et on descend à La Serena avec le premier 4x4 qui nous prend (8), et après un Sunday au Macdo (pardon papa maman, je ne sais vraiment pas comment vous m’avez éduquée) on repart « on the road again », en direction de Coquimbo ! Après 2 voitures (9) et (10), un camion nous prend finalement (11) (limitation à 90 sur l’autoroute). Le chauffeur, un pur chilien « du cru », qui parle chilien comme personne (on comprend environ la moitié de ce qu’il dit) nous fait la conversation pendant les presque 3h30 de voyage avec lui (vous imaginez). A Los Vinos finalement nous nous arrêtons, et pressés par le temps (il est plus de 18h30) nous changeons de chauffeur. Ce sera un bus direct à Valpo, pour pas trop cher, qui nous ramènera à bon port ! La chance nous a vraiment souri tout le long de notre petit trip, peut être grâce à la mama chilena de la première voiture qui nous a dit « que dios les vendiga ! », ou peut être car on a simplement profité de l’instant présent. CARPEDIEM

Retour sur notre road trip : 11 voitures, 2 restau, 1 million d’étoiles(certainement plus en vrai), 3 piscos dégustés, et plein de peccables !